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Châteaux de France - Patrimoine National
jeudi 12 janvier 2012, a 15:47
Château de Lunéville - Plus fort que les flammes ! ***2ème partie***
 

 

Quelques mois après la mort de Stanislas, le château est transformé en caserne. Louis XV y envoie une garnison de la Gendarmerie de France. Celle-ci forme un corps d'élite composé de dix compagnies, totalisant près d'un millier d'hommes. Reconnaissables à leur vêtement de drap écarlate, ils sont surnommés les « Gendarmes Rouges ». Un premier détachement arrive à Lunéville dès le 13 novembre 1766 et s'installe au château. Vingt ans plus tard, la Gendarmerie de France est dissoute. Elle est remplacée à Lunéville par deux régiments de « carabiniers de Monsieur », qui disparaissent à leur tour à la Révolution.

Le château est alors totalement désaffecté. La chapelle est transformée en magasin à fourrages, avant de servir de salle de réunions aux révolutionnaires locaux. Ce qui reste du mobilier et des boiseries du château, des statues du parc et des automates du « Rocher » est vendu comme bien national.

Sous la Restauration, le château retrouve une fonction militaire, qu'il conservera de façon partielle jusqu'à nos jours. En reconnaissance de sa fidélité à la royauté, Louis XVIII donne en 1816 au prince de Hohenlohe la jouissance du château. Ce dernier y crée en 1824 un centre de cavalerie militaire qui sert d'école aux officiers. Il devient par ailleurs gouverneur du camp. Une large place y est réservée aux distractions, apportant une animation nouvelle dans la cité. Fêtes hippiques, bals et réception ressuscitent au château la vie brillante du XVIIIe siècle. En 1852 s'installe toute une nouvelle division de cavalerie. Les officiers sont logés dans les anciens appartements ducaux donnant sur le jardin. Des écuries sont construites sur le côté nord, dans la cour dite « du Rocher ». Malgré les contraintes de la vie militaire, la présence de l'armée durant tout le XIXe siècle permet la sauvegarde et l'entretien de l'édifice. De grands travaux de restauration ont lieu suite à deux incendies : le premier en 1814 détruit une partie de l'aile nord, le second en 1849 provoque d'importants dégâts côté sud.

 

En 1861, le ministre de la guerre de l'époque (Jacques Louis Randon) sollicite auprès de la Commission des Monuments Historiques le classement de l'édifice. C'est un refus catégorique, l'intérêt du service se limitant alors à l'architecture médiévale. Prosper Mérimée dresse un rapport sévère et méprisant : il estime que le château « ne mérite pas d'être classé parmi les Monuments Historiques ; c'est […] un grand bâtiment d'un style assez barbare, même pour l'époque de décadence à laquelle il a été construit ».

Une cinquantaine d'années plus tard, les jugements ont évolué. En 1901, on commence par classer la chapelle. Le reste du château le sera de façon partielle en 1929. Dès lors, les travaux de restauration se poursuivent, ne connaissant d'interruption que durant la Seconde Guerre mondiale. La chapelle est restaurée de 1902 à 1904. Les années 1938 et 1939 voient la réfection des couvertures et balustrades du corps principal et de la partie nord.

À partir de 1945 environ, services administratifs, musée municipal, mess, appartements et bureaux militaires occupent l'édifice. Le parc, remis en état à partir de 1945, reste aujourd'hui un lieu de promenade et de détente apprécié de tous.

En 1995, le maire de Lunéville Michel Closse impulse un processus de restauration du château qui conduit la ville de Lunéville à céder ce dernier, en 2000, au Conseil Général de Meurthe-et-Moselle. Cette cession évitera ultérieurement à la commune de se retrouver seule face aux conséquences financières de l'incendie de janvier 2003.

 

Plusieurs incendies ont causé des dégâts. Au total 7 incendies majeurs se sont déclarés avant celui de janvier 2003:

  • 1er incendie, le 3 janvier 1719, dans l'aile droite du château. Sept morts sont à déplorer.
  • 2e incendie, en 1744, qui s'est déclaré dans l'aile de l'avant-cour au 1er étage.
  • 3e incendie, en 1755, qui a commencé au même endroit qu'en 1744.
  • 4e incendie, en 1789. Classé incendie mineur, mais qui aurait pu avoir de lourdes conséquences, s'est déclaré dans les cuisines situées en sous-sol et s'est propagé jusqu'au grand escalier. Il a été stoppé, car cet endroit était construit en pierre et non en bois.
  • 5e incendie, le 1er janvier 1814. Il détruit la petite aile nord de la cour du château.
  • 6e incendie, le 23 novembre 1849. Le sinistre éclate à 6 heures du matin au même endroit qu'en 1719, au premier étage du pavillon regardant la terrasse. Le feu éclate dans l'appartement de l'aide de camp du général et se propage dans les combles, menaçant le donjon et la chapelle. Les pompiers arrivent à le neutraliser en faisant des pare-feux et en coupant les bâtiments et les charpentes au niveau du corps central et au niveau des petites ailes donnant sur la place du théâtre. Le feu a ainsi été circonscrit au pavillon qui est resté isolé. À l'époque les gens formaient une chaîne avec des seaux en bois depuis le canal. Il a fallu 24 heures pour le maîtriser. Les chutes de poutres et de cheminées ont causé beaucoup d'accidents dont deux graves: deux militaires dont l'un a été amputé d'un pied et l'autre de deux doigts en furent les victimes.
  • 7e incendie, le 19 mars 1961. Il ravage la toiture de l'aile gauche du château. Entre 300 et 500 m2 de toiture et de charpente partent en fumée

 

Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2003, un incendie ravage les deux tiers des appartements princiers appartenant au Ministère de la Défense), un tiers des bâtiments du conseil général de Meurthe-et-Moselle, toute la toiture de l'aile sud-est et la chapelle royale. Les toits, en s'effondrant, provoquent l'éboulement d'éléments de maçonnerie importants.

Des mesures de première urgence ont été prises dès 2003 pour assurer la sécurité des visiteurs, pour un coût de 3 millions d'euros. Une étude de la restauration du château a débuté en 2004, sous le patronage de l'architecte en chef des monuments historiques. Les travaux sont financés par le Ministère de la Défense et le Conseil Général de Meurthe-et-Moselle ( avec l'aide de subventions, des assurances et par des crédits européens).

 

L'émotion suscitée par cet incendie s'est transformée en un vaste mouvement de mobilisation porté par une association : Lunéville, château des Lumières dont le président était le maire de la ville Michel Closse, et le président d'honneur était Otto de Habsbourg-Lorraine, descendant direct et héritier du duc Léopold Ier de Lorraine qui fit construire le château en 1703. L'association comptabilisera plus d'un million d'euros de dons, 3500 donateurs et près de 800 adhérents. Les fonds récoltés sont confiés à la Fondation du Patrimoine. Plusieurs publications et éditions ainsi qu'un site Internet permettent de suivre l'évolution du chantier.

Le coût total estimé de ces travaux (reconstruction et restauration) est de plus de 100 millions d'euros, réparti à 60% pour l'état propriétaire et 40% à la charge du département. Au total, le département, qui a reçu un chèque de plus de 26 millions d'euros de son assureur, investira sur la période 2007 - 2013, 36 millions d'euros. 14 millions supplémentaires sont prévus pour la période 2013-2016.

 

vendredi 23 décembre 2011, a 16:04
Château de Lunéville - Plus fort que les flammes ! ***3ème partie***
 

 

Visiter le château

 

Les intérieurs

 

Les parties restaurées sont ouvertes à la visite. Celle-ci est libre et gratuite (hors événements ou spectacles) et peut se faire tous les jours de 9h à 12h et de 14h à 18h (à partir de 10h le dimanche)[4]

  • 1 : Salle des gardes : la première salle des appartements princiers est occupée par les gardes chargés de la sécurité, comme dans toutes les résidences princières. La salle est actuellement occupée par l'accueil du château.
  • 2 : Salle de la livrée : première antichambre qui servait à la cour de salle d'attente avant d'entrer dans les appartements du duc de Lorraine. Grâce à ses dimensions, la salle pouvait également servir aux bals et banquets de la cour de Lorraine. Elle tient son nom de la livrée qui était l'uniforme porté par les domestiques.
  • 3 : Chapelle palatine : elle est réalisée entre 1720 et 1723 d'après des plans de l'architecte Germain Boffrand. Depuis 1698, elle est la septième chapelle du château utilisée par le duc Léopold Ier. Elle se caractérise par la richesse de sa décoration, l'harmonie des proportions, et la présence d'une tribune qui en fait une chapelle palatine. Actuellement, l'édifice religieux a pour vocation d'accueillir des concerts baroques.
  • 4 : L'escalier d'honneur sud : il permettait d'accéder aux appartements de l'étage qui accueillait les enfants du duc Léopold Ier puis les favoris de Stanislas Leszczynski, le duc et la duchesse Ossolinski. La rampe de l'escalier porte le monogramme du duc Léopold Ier, le double L, et ses motifs d'entrelacs rappellent ceux de l'escalier du château de Maisons-Laffitte en Île de France.
  • 5 : Les salles voûtées du sous-sol : située sous la chapelle, ces salles servaient de cave pour l'échansonnerie. Les tonneaux arrivaient par la porte donnant sur la rue, puis le vin était mis en bouteilles. Celles-ci étaient ensuite stockées dans d'autres caves du château.

Les extérieurs

 

  • 1– La cour des communs (ou avant-cour) : après avoir franchi un premier portail qui sépare le château de la ville, on arrive dans la première cour entourée de part et d'autre par les communs qui lui ont donné son nom. Dans les années à venir, l'aile nord des communs accueillera des expositions temporaires et l'aile sud présentera les métiers liés à la restauration du château et les artisanats d'art présents dans le Lunévillois. Au centre de la cour des communs se trouve une statue équestre du général messin Antoine Charles Louis de Lasalle de la Grande Armée de Napoléon Ier, érigée en 1893. Les deux jambes antérieures du cheval sont levées, ce qui signifie que le cavalier est mort au combat ! Le général Lasalle a été tué au soir de la bataille de Wagram le 6 juillet 1809.
  • 2- La cour d'honneur : Un muret reconstruit en 2002, couronné d'une grille métallique installée en 2005, sépare la cour des communs de la cour d'honneur. Cette restauration vise à rétablir la séparation qui existait entre les deux cours au 18e siècle. Autour de la cour d'honneur, les bâtiments se déploient en forme de U. Au fond, on peut voir le corps central du château encadré de part et d'autre par deux ailes plus basses. Les façades offrent un parfait exemple de l'architecture classique, tel que l'a concevait l'architecte Germain Boffrand. La sobriété des lignes est compensée par le rythme harmonieux des arcades du rez-de-chaussée. Au centre de la composition, les imposantes colonnes participent à la majesté du bâtiment, et sont surmontées d'un fronton triangulaire décoré de motifs guerriers. Les armoiries de Léopold Ier de son épouse Élisabeth Charlotte d'Orléans y figuraient également, mais ont été détruits à la Révolution française.
  • 3- Le vestibule : Situé au rez-de-chaussée du corps central du château, il constitue l'entrée principale du palais. Passage majestueux entre les cours et les jardins, il constitue une des grandes originalités de celui-ci. Grâce à sa grande taille, les carrosses pouvaient pénétrer sous les trois arcades pour éviter aux passagers d'être mouillés par la pluie en descendant. L'arcade centrale est surmontée d'un cartouche qui porte le monogramme du duc Léopold Ier, un double L enserrant la croix de Lorraine. Le reste du décor sculpté associe des armes orientales avec des turbans et le croissant turc, évoquant les exploits militaires du père de Léopold Ier, le duc Charles V, qui a combattu les troupes de l'empire ottoman en Europe centrale à la fin du 17e siècle. L'inauguration de la restauration du vestibule a eu lieu en octobre 2006.
  • 4- La terrasse : Juste après le vestibule se situe la terrasse, bordée au sud par les appartements ducaux et à l'ouest par le corps central du château. A l'origine elle devait être aussi bordée au nord par une autre aile en symétrie, mais le mauvais état des finances de Léopold Ier a empêché cette réalisation. La terrasse permet une vue dégagée sur les jardins à la française situés côté est.
  • 5- Les jardins à la française : Ils contribuent depuis le 18e siècle à la célébrité du château de Lunéville. C'est à un émule de André Le Nôtre, Yves des Hours, que le duc Léopold Ier confie en 1710 le soin de réaliser des jardins à la française dans le prolongement du château. Louis de Nesle poursuit et terminent les travaux à partir de 1724. Les jardins forment un ensemble de plusieurs parterres à la française qui forment une rigueur géométrique. Une longue allée centrale est bordée de parterres de pelouses et de fleurs qui s'ordonnent régulièrement autour de bassins. De moins en moins bien entretenus après la mort de Stanislas en 1766, les jardins se transforment peu à peu en jardin à l'anglaise. Les parterres retrouvent les grandes lignes du tracé originel lors d'importants travaux en 1946, puis leur état d'origine en septembre 2003 avec la restauration des broderies de buis.
  • 6- Le parc des bosquets : Entourant les jardins à la française, c'est le duc Stanislas qui décide d'embellir les bois bordant le parc. Il y fait bâtir plusieurs fabriques par son architecte Emmanuel Héré pour accueillir les divertissements de la cour lorraine. Elles disparaissent après sa mort en 1766 et doivent faire l'objet d'une reconstruction dans les années à venir (le kiosque, le pavillon de la cascade, le salon de la pêcherie, le trèfle...)
  • 7- La cour du rocher : Son nom fait référence à une des fabriques que Stanislas fit construire à cet endroit par Emmanuel Héré. Sur plusieurs blocs de grès, 88 automates mus par un système hydraulique représentent en grandeur réelle des paysans et des artisans dans leur activité quotidienne, autour d'un décor évoquant la nature. Aujourd'hui il n'en subsiste plus aucune trace.

mardi 06 décembre 2011, a 22:44
Château de Rambouillet - Trait d'union Royauté-République ***1ère partie***
 

 

Le château de Rambouillet, ancienne résidence royale et ancienne résidence présidentielle de 1896 à 2009, est situé à Rambouillet, chef-lieu d'arrondissement du sud des Yvelines en France dans un parc de 100 hectares au sein de la forêt de Rambouillet.

 

Les origines : La famille d'Angennes

 

En 1368, Jean Bernier, chevalier, conseiller et maître des requêtes de l'hôtel du roi, prévôt de Paris, achète à Girard de Tournebu un simple manoir qu'il fait transformer en 1374 en un véritable château fortifié et entouré de douves. Ce château primitif est de plan pentagonal irrégulier, avec un corps de logis triangulaire cantonné de tourelles, une grosse tour, un châtelet d'entrée et une cour fermée de courtines. Ces transformations doivent se comprendre au regard de l'ordonnance de Charles V du 19 juillet 1367 prescrivant d'armer tous les châteaux ; c'est aussi l'époque où le roi fait fortifier à Paris le Louvre et la Bastille.

Dès 1384, Guillaume, fils de Jean Bernier, vend ce nouveau château à Regnault d'Angennes, écuyer et premier valet tranchant du roi. Il restera dans la famille d'Angennes pendant plus de trois siècles, jusqu'en 1699.

Pendant la guerre de Cent Ans, le château fut pillé et incendié entre 1425 et 1428, mais restauré en 1484 par Jean II d'Angennes et son épouse. Jacques d'Angennes (1514-1562), capitaines des gardes du corps de François Ier, agrandit le domaine en achetant les terres d'Auffargis et de Poigny, la châtellenie des Essarts-le-Roi et divers terrains alentours, constituant ainsi un magnifique domaine de chasse. Grand amateur de chasse, François Ier vient souvent à Rambouillet. Il y meurt le 31 mars 1547 d'une septicémie, selon la tradition dans la chambre haute de la grosse tour, qui a subsisté jusqu'à nos jours malgré les transformations considérables subies par le château.

Jacques d'Angennes fait en outre embellir le château. Au rez-de-chaussée, il fait aménager une grande salle dans le goût italien, aux murs recouverts de plaques de marbre, par le maître maçon Olivier Ymbert, auteur, dans les environs, du château de Thoiry. Il fait également construire le grand escalier en brique et pierre.

En 1612, Louis XIII érige la terre de Rambouillet en marquisat au profit de la famille d'Angennes. C'est l'époque où Catherine de Vivonne, marquise de Rambouillet, épouse de Charles d'Angennes, tient salon dans son hôtel de Rambouillet à Paris. Leur fille, Julie d'Angennes, est la dédicataire de la fameuse Guirlande de Julie. Elle épouse le duc de Montausier à qui elle apporte en dot le domaine de Rambouillet. Celui-ci agrandit le domaine par d'importantes acquisitions entre 1670 et 1681 et fait redessiner les jardins. Il est possible que le célèbre Jean-Baptiste de La Quintinie y ait créé un verger.

 

À la suite du mariage de la deuxième fille de Julie d'Angennes, le domaine passe au duc d'Uzès. Celui-ci a des problèmes financiers et doit vendre le domaine en 1699 à l'un de ses créanciers, Joseph Fleuriau d'Armenonville.

Fleuriau d'Armenonville, qui n'avait dépensé que 140 000 livres pour acquérir le domaine, y engloutit plus de 500 000 livres en l'espace de quelques années. Selon la tradition, c'est lui qui fait transformer les jardins à la française en créant une succession de parterres et de plans d'eau, alimentés par les nombreuses sources de ces terrains marécageux. Un canal est creusé dans l'axe de la façade sud-ouest du château et prolongé par un tapis vert. Un autre canal, perpendiculaire, longe les parterres de broderies qui s'étendent au pied du château. Au-delà de ces parterres sont aménagés trois bassins de formes différentes. Le parc est agrémenté de sculptures par Simon Mazière, Pierre Legros et René Frémin.

 

vendredi 25 novembre 2011, a 16:25
Château de Rambouillet - Trait d'union Royauté-République ***2ème partie***
 

 

Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse, fils naturel légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan, amiral de France, souhaitant posséder un domaine de chasse aux environs de Paris, jette son dévolu sur Rambouillet. Fleuriau d'Armenonville est contraint de lui céder le domaine en 1706 pour la somme de 500 000 livres.

Le comte de Toulouse va considérablement développer et embellir le domaine. Il procède à d'importantes acquisitions foncières, ajoutant au marquisat de Rambouillet les terres de Saint-Léger-en-Yvelines, Montfort-l'Amaury, Gazeran et une bonne partie du duché d'Épernon. Il porte ainsi le domaine jusqu'à 13 000 hectares. Il fait construire de splendides écuries et de vastes communs, reliés au château par un souterrain. Il fait également réaliser d'importants travaux sur le château lui-même.

Une première campagne de travaux a lieu de 1706 à 1709 sous la direction de Pierre Cailleteau dit « Lassurance ». Les façades sur cour sont homogénéisées et la cour est fermée par une grille semi-circulaire. L'aile nord-ouest (aujourd'hui détruite) est dotée d'une façade incurvée sur le jardin et d'un escalier extérieur en fer à cheval. En août 1707, alors que l'essentiel de ces travaux est achevé, le château reçoit la visite du Grand Dauphin, du duc et de la duchesse de Bourgogne, de la princesse de Conti et de nombreux courtisans. Louis XIV lui-même vient deux fois rendre visite à son fils, en compagnie de Madame de Maintenon, la seconde fois peu avant sa mort en 1714.

Lorsqu'il quitte le conseil de Régence en 1722, le comte de Toulouse se retire à Rambouillet. Il lance de 1730 à 1736 une seconde campagne de travaux sous la direction de l'architecte Desgots dit « Legoux ». Elle vise à doubler l'aile ouest par la création d'un appartement dit « appartement d'assemblée ». En dépit de l'importance du projet, l'intervention de Desgots est relativement discrète. Il fait déplacer la tourelle d'angle pour ne pas bouleverser l'équilibre du château. La principale originalité est un balcon courant sur la façade le long du nouvel appartement, disposition qui était depuis longtemps passée de mode. Les aménagements intérieurs réalisés à la même époque et pour l'essentiel toujours en place sont en revanche d'un très grand luxe. Un très bel ensemble de boiseries sculptées est réalisé par les ornementistes François-Antoine Vassé, qui a travaillé également à l'Hôtel de Toulouse, et Jacques Verberckt.

À la mort du comte de Toulouse en 1737, le domaine passe à son fils unique, le duc de Penthièvre. Né à Rambouillet, il y passe beaucoup de temps et se consacre principalement à l'embellissement des jardins. Il fait développer le réseau de canaux pour constituer un ensemble d'îles et fait aménager 25 hectares du parc à l'anglaise avec fabriques, selon une mode qui commence alors à se répandre. La chaumière aux coquillages, l'ermitage et le pavillon chinois (voir ci-dessous) datent des années 1770-1780.

Louis XVI qui, comme Louis XV, chasse souvent en forêt des Yvelines mais trouve trop exigu son château de Saint-Hubert, demande à son cousin le duc de Penthièvre de lui céder son château de Rambouillet. La vente est conclue en décembre 1783 pour la somme considérable de 16 millions de livres. Louis XVI envisage tout d'abord de faire reconstruire le château, mais les plans demandés à l'architecte Jean Augustin Renard ne sont pas concluants, compte tenu des contraintes du site, notamment la proximité de la ville et la présence du canal.
En définitive, le roi décide de conserver le château mais fait construire sous la direction de l'architecte Jacques Jean Thévenin de vastes communs, pouvant accueillir 400 serviteurs, à la place des anciennes écuries, et de nouvelles écuries pour 500 chevaux. Dans la ville sont en outre construits l'Hôtel du Gouvernement, le bailliage, le bâtiment de la vénerie ainsi qu'un hôtel pour le gouverneur de Rambouillet, Charles Claude Flahaut de La Billarderie, comte d'Angivillers.

Marie-Antoinette déteste Rambouillet dont elle trouve l'allure « gothique ». Pour tenter de la séduire, Louis XVI fait construire dans le plus grand secret une magnifique laiterie, inaugurée en juin 1787 (V. ci-dessous), et remanier les jardins par Hubert Robert.

 

Sous la Révolution, le domaine est délaissé. Napoléon Ier fait restaurer le château, qui est inscrit sur sa liste civile. Il aime Rambouillet pour les possibilités cynégétiques qu'offre le domaine. Il engage des travaux de réaménagement. Une première campagne, sous la direction de l'architecte Guillaume Trepsat, aboutit en 1805 à la démolition de l'aile nord-ouest, déséquilibrant de manière irrémédiable la composition de la cour d'honneur. On songe alors à reconstruire entièrement l'édifice, et plusieurs projets sont élaborés en 1809 par l'architecte Auguste Famin, dont aucun n'est finalement retenu. Famin est toutefois chargé de revoir un certain nombre de circulations intérieures ainsi que la décoration de plusieurs appartements. Dans le parc, il sème de nouvelles fabriques et fait planter de nouvelles essences, dont une allée de cyprès chauves de Louisiane, la première de France, qui sera célèbre (elle a été malheureusement abattue lors de la tempête de décembre 1999).

Sur le chemin de l'exil, Napoléon passe à Rambouillet la nuit du 29 au 30 juin 1815. Avec le retour des Bourbons sur le trône, le château est remeublé et des travaux sont exécutés pour effacer les insignes impériaux. Le nouveau gouverneur[1], Armand-Louis de Serent, entreprend de modifier la façade sur le jardin, mais le chantier est interrompu après avoir fait réaliser trois baies en plein cintre, ce qui donne aujourd'hui un aspect étrange et peu homogène à cette partie du château.

Charles X aime à chasser à Rambouillet. C'est là que, prenant lui aussi la route de l'exil, il abdique en faveur de son petit-fils le duc de Bordeaux le 2 août 1830.

Louis-Philippe Ier ne veut pas conserver le château sur sa liste civile et le remet à l'administration des domaines, qui le loue à divers occupants : le baron de Schickler, le comte Duchâtel, un restaurant de luxe, un cercle parisien.

En 1852, il réintègre la liste civile de Napoléon III qui y fait quelques séjours

 

Après la chute du Second Empire, l'administration envisage un moment de transformer le château en hôpital, soulevant les protestations indignées d'Adolphe Thiers. Mais dès 1883, les Présidents de la République reprennent la tradition des chasses à Rambouillet. Jules Grévy, Sadi Carnot, Jean Casimir-Perier aiment le château. Celui-ci est aménagé en résidence d'été pour Félix Faure et devient officiellement résidence présidentielle le 23 février 1886, servant de lieu de villégiature pour tous les présidents jusqu'à René Coty et de lieu principal pour les chasses présidentielles jusqu'à Valéry Giscard d'Estaing.

Le château de Rambouillet fut le siège de la première rencontre au sommet des pays les plus industrialisés (G6), à l'initiative du président Valéry Giscard d'Estaing en 1975. Six pays y participaient : l'Allemagne (Helmut Schmidt), les États-Unis (Gerald Ford), la France, l'Italie (Aldo Moro), le Japon (Takeo Miki) et le Royaume-Uni (Harold Wilson) .

Le château a accueilli régulièrement les chefs d'États étrangers en visite en France, par exemple Boris Eltsine, Hosni Moubarak et Nelson Mandela.

En 1999 y fut rédigé l'accord de Rambouillet, une proposition d'accord de paix entre la Yougoslavie et les Albanais du Kosovo. La Yougoslavie le rejeta, ce qui conduisit à la guerre du Kosovo.

Depuis la fin de l'année 2009, le château, ainsi que le Domaine national de Marly-le-Roi ne font plus partie des résidences présidentielles.

 

jeudi 10 novembre 2011, a 11:39
Château de Rambouillet - Trait d'union Royauté-République ***3ème partie***
 

 

La bergerie nationale de Rambouillet :

Après avoir acquis le château, Louis XVI y crée en 1785 la « grande ferme » expérimentale, où sont installés un troupeau de Mérinos acheté au roi d'Espagne Charles III et ancêtre de la race des Mérinos de Rambouillet. Par la suite, des vaches suisses, des moutons d'Afrique, des chèvres angora et des mouflons. Napoléon Bonaparte fit à son tour venir des buffles d'Italie et des chevaux de races belges, normandes et arabes. À cela s'ajoute 275 hectares de cultures et de prairies destinées à des expériences agronomiques dans le domaine des chasses.

Une école des bergers est également ouverte en 1794, devenue en 1939 l'école nationale d'élevage ovin.

Aujourd'hui, l'ancienne bergerie royale est devenue une bergerie nationale qui, outre des moutons, accueille un troupeau de 55 vaches laitières, 30 vaches à viande, des chevaux de trait, des poules pondeuses, des volailles de chairs, des chèvres, des cochons (porcs Blancs de l'Ouest), des lapins. Un circuit de visite permet d'approcher tous ces animaux. Des manifestations sont organisées tout au long de l'année, dont le Festival des Arts de la Laine, qui se déroule les 29 et 30 mars cette année 2008. Au programme, tonte du mouton mérinos mais aussi exposition/vente d'objets et vêtements en laine de mouton. L'établissement comporte également un petit "musée du mouton".

 

La chaumière aux coquillages fut édifiée vers 1770-1780 par Claude-Martin Goupy, architecte du duc de Penthièvre, pour la belle-fille de ce dernier, la princesse de Lamballe.

Elle est révélatrice de l'engouement pour le pittoresque campagnard qui se développe à partir de 1760 et dont attestera également le hameau de la Reine à Versailles (construit entre 1783 et 1787). D'extérieur, cette construction ressemble à une chaumière, et elle est de nouveau, comme à l'origine, couverte en chaume, mais l'intérieur est très richement décoré (marbre, coquillages, nacre).

 

Réalisé sur une hauteur escarpée du parc dite « du Coudray », l'Ermitage correspond également à un exercice quasi-obligé dans les parcs à l'anglaise de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Il date, comme la chaumière aux coquillages, de la campagne de travaux effectuée vers 1770-1780 par Claude-Martin Goupy pour le duc de Penthièvre. Beaucoup plus vaste que la plupart des ermitages contemporains, il comprend plusieurs pièces dont une chapelle. Endommagé par un incendie en 1977, il est en cours de restauration (2005).

 

La laiterie de la Reine fut construite en 1785 à la demande de Louis XVI pour Marie-Antoinette, de façon à lui faire aimer Rambouillet en lui rappelant le Petit Trianon de Versailles. Plus tard, la laiterie fut réaménagée par Napoléon.

Édifiée par l'architecte Jacques-Jean Thévenin, c'est l'une des plus importantes fabriques de jardin du XVIIIe siècle. La laiterie comprend une salle ronde surmontée d'une coupole qui ouvre sur une grotte abritant une statue de la nymphe Amalthée avec une chèvre due à Pierre Julien (1787), plusieurs médaillons et deux bas-reliefs.

 

mercredi 19 octobre 2011, a 18:24
Château de Saint-Germain-En-Laye - Témoin de l'histoire de France ***1ère partie***
 

 

Le château de Saint-Germain-en-Laye, appelé aussi « Château-Vieux » par opposition au « Château-Neuf » aujourd'hui disparu, est une ancienne résidence des rois de France. Il a été le lieu de signature de nombreux traités de paix et d'édits royaux.

Situé dans le centre de Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines, il est aujourd'hui consacré au Musée d'archéologie nationale.

 

Vers 1124, le roi Louis VI le Gros (1081-1137), qui veut imposer son autorité aux seigneurs de l'Île-de-France, fait construire le premier château fort sur l'emplacement du château actuel, face au prieuré Saint-Germain.

Saint Louis agrandit le château et fait construire la Sainte Chapelle achevée en 1238.

Le 15 août 1346, lors de la chevauchée d'Édouard III, pendant la guerre de Cent Ans, le « Prince Noir », fils du roi d'Angleterre Édouard III qui occupe alors Poissy, prend la ville, qui la pille et la brûle et incendie le château de Saint-Germain-en-Laye qui est détruit à l'exception de la Sainte Chapelle[1]. Vingt ans plus tard, sous Charles V, il sera reconstruit et transformé en forteresse par l'architecte Raymond du Temple.

De 1417 à 1440, le château est occupé par les Anglais.

Avec François Ier, qui épouse Claude de France dans la chapelle le 18 mai 1514, le château de Saint-Germain-en-Laye devient la résidence favorite du roi. En 1539, il confie à l'architecte Pierre Chambiges la transformation du château et sa reconstruction dans le style Renaissance tel qu'on le connaît actuellement depuis sa restauration au XIXe siècle. Le château actuel, englobe un donjon construit par Louis VI le Gros et la Sainte-Chapelle construite sous saint Louis.

Henri II, naît au château en 1519 et devient roi de France en 1547. C'est cette même année que se situe l'épisode du coup de Jarnac au cours d'un duel qui se déroule sur l'esplanade du château, le 10 juillet 1547. Le nouveau roi entreprend la construction du « château neuf », dont il charge l'architecte Philibert de l'Orme. les travaux sont commencés en 1559, mais la construction ne sera terminée que sous le règne d'Henri IV, vers 1600.

 

mardi 04 octobre 2011, a 18:29
Château de Saint-Germain-En-Laye - Témoin de l'histoire de France ***2ème partie***
 

 

Charles IX en 1550 et Louis XIV en 1638 ainsi que de nombreux princes naissent au château.

Louis XIII s'éteint au Château-Vieux le 14 mai 1643.

Lors de la Fronde, dans la nuit du 5 au 6 janvier 1649, la reine-mère, Anne d'Autriche, régente et le jeune Louis XIV qui n'a que onze ans se réfugient précipitamment au Château-Vieux de Saint-Germain.

Il a été le lieu de signature de plusieurs traités et de plusieurs édits et ordonnances.

De 1661 à 1682, le roi Louis XIV passe une partie importante de son temps à Saint-Germain-en-Laye. Il fait aménager par Le Nôtre des jardins à la française et la Grande Terrasse entre 1663 et 1680. Il fit également remodeler ses appartements dans le Château-Vieux par Le Brun et Le Vau. En 1680 commencent les travaux d'agrandissement du château, menés par Jules Hardouin-Mansart, par la construction de cinq pavillons d'angle qui lui donnent, selon certains historiens, un « aspect bizarre et déplaisant ».

En 1682, Louis XIV, qui était le dernier à résider à Saint-Germain-en-Laye, quitta définitivement les lieux pour s'installer à Versailles. Le 20 avril 1682, avant même que les travaux d'agrandissement du château de Saint-Germain soient terminés, la Cour part définitivement pour Versailles.

Jacques II, roi d'Angleterre, cousin germain de Louis XIV, vit en exil au château, de 1689 à sa mort en 1701.

La chapelle de saint Louis située dans le château, de style gothique, est un vestige de l'ancien château fort. Elle fut édifiée par saint Louis en 1238. Louis XIV, bien que né au Château neuf, y fut baptisé. Les jardins ont été dessinés par André Le Nôtre.

En 1777, le roi Louis XVI fait don du Château-Neuf, en mauvais état, à son frère Charles, comte d'Artois, le futur Charles X. Celui-ci le fait démolir avec l'intention de le reconstruire entièrement.

Sous l'Empire, le Château-Vieux est réparé pour y former une école de cavalerie. Il accueille l'« école spéciale militaire de cavalerie », ouverte le 15 octobre 1809 et fusionnée, en 1914, avec l'école spéciale militaire de Saint-Cyr.

De 1836 à 1855, le château est transformé en pénitencier militaire.

Il a été largement restauré sous Napoléon III par Eugène Millet, élève de Viollet-le-Duc.

Le 8 mars 1862, un décret impérial acte la création dans le château d'un « Musée des antiquités celtiques et gallo-romaines » (renommé plus tard « Musée des antiquités nationales », puis récemment « Musée d'archéologie nationale »). À cet effet, le château est classé Monument historique le 8 avril 1863 et les premiers travaux de rénovation sont engagés par l'architecte Eugène Millet, élève de Viollet-le-Duc. Les premières salles du musée sont inaugurées par Napoléon III le 18 mai 1867. La restauration entreprise par Millet, outre une profonde restructuration des espaces intérieurs, restitue le château dans son état Renaissance, en détruisant les pavillons ajoutés par Mansart à la fin du XVIIe siècle. Les travaux ne s'achèvent qu'au début du XXe siècle.

 

mardi 13 septembre 2011, a 17:29
Château de Saint-Germain-En-Laye - Témoin de l'histoire de France ***3ème partie***
 

 

Évènements célèbres

 

La chapelle Saint-Louis est un chef-d'œuvre de style gothique rayonnant.

C'est un acte de Louis IX (1221-1270), daté de 1238, qui nous apprend avec certitude qu'une chapelle vient alors d'être construite auprès du château royal ; par cet acte le roi y instaure un service religieux régulier. Il s'agit d'une Sainte Chapelle, destinée à abriter une relique de la Sainte Épine ou de la Vraie Croix. Par son plan et son architecture, elle est la préfiguration de la grande Sainte-Chapelle que saint Louis fera bâtir dans l'enceinte du Palais de la Cité à Paris de 1240 à 1248. Il confie ces deux chantiers à son architecte favori, Pierre de Montreuil, qui adapte à Paris des formules architecturales inventées à Saint-Germain : une nef à vaisseau unique, terminée par un chevet à pans, de très hautes verrières découpant la quasi-totalité des murs et des contreforts adossés à l'extérieur, entre les travées.

À Saint-Germain, les ogives de la voûte retombent sur des colonnettes qui descendent jusqu'au sol, entre les baies. Le soubassement nu est placé en retrait derrière une arcature basse isolée. Le volume de l'édifice est donc libéré de tout support intérieur. Le mur ouest est orné d'une grande rose de style gothique rayonnant. Cette appellation renvoie aux rayons des fines rosaces laissant filtrer, par leurs vitraux, la lumière qui, de Dieu, pénètre jusqu'aux clercs puis aux fidèles. Le percement maximum des murs est permis par la technique de la pierre armée. Des éléments de métal sont intégrés à la structure des murs afin d'assurer la stabilité des pierres. C'est dans la chapelle royale de Saint-Germain que Baudoin II, empereur de Constantinople, remet à saint Louis, en 1238 les reliques de la Couronne d'épines du Christ. Ces reliques sont destinées à la Sainte-Chapelle de Paris qui, elle, ne sera consacrée qu'en avril 1248.

La chapelle conserve aujourd'hui une collection lapidaire dont plusieurs plaques gravées, des panneaux de sarcophages provenant de Rosny-sur-Seine et des fragments de sarcophages provenant de Chelles.

 

mardi 23 août 2011, a 21:59
Valencay - Entre Classique et renaissance ***1ère partie***
 

Le Château de Valençay se trouve à Valençay, en Indre (France). Il fut la propriété de la Maison d'Estampes de 1451 à 1747, puis du prince de Talleyrand. Bien que situé dans le Berry, sa construction l'apparente aux châteaux de la Loire, en particulier au château de Chambord.

Il fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 24 septembre 1975.

 

La villa gallo-romaine de Valenciacus (domaine de Valans) précéda un premier "lourd et massif donjon de pierre" édifié à la fin du Xe siècle ou au début du XIe siècle;

Le premier seigneur connu par une charte de donation datable entre 1026 et 1047 est Bertrand.

En 1220 Gauthier, dit seigneur de Valençay, passe pour avoir été le constructeur du premier château féodal. En 1268, par son mariage avec Jean, bâtard de Châlon, sa descendante Alice de Bourgogne transmet cette très importante seigneurie, fief du duc d'Orléans, comte de Blois, à la maison de Châlon-Tonnerre.

En 1410 Charles d'Orléans accorde une diminution d'impôts « aux manans et habitants de Valençay » réduits à la misère par les épidémies, le passage et le logement des troupes.

En 1451, la seigneurie passe à Robert II d'Estampes (+ 1453), seigneur de Salbris et de la Ferté-Imbault, en Sologne, chambellan de Charles VII, maréchal et sénéchal de Bourbonnais.

 

Louis (vers 1470 + 1530), gouverneur et bailli de Blois (1519), chevalier de l'ordre du Roi, marié à une fille du seigneur de Cheverny (1512), débute en 1520 la transformation du manoir féodal de Valençay XIIe siècle en château moderne. Ces travaux d'embellissement et d'agrandissement se poursuivront, de génération en génération, jusqu'en 1650.

Vers 1540, Jacques Ier d'Estampes (1518 + 1574), époux de Jeanne Bernard, dame d'Estiau, riche héritière angevine, engage des travaux plus ambitieux que ceux de son père, faisant raser le vieux manoir du pour le remplacer par une résidence neuve dont les plans sont attribuables à l'architecte Jean de l'Espine. A la mort de ce seigneur de Valençay, seuls sont achevés la façade Nord, le pavillon d'entrée et les tours d'angle.

Les travaux ne sont repris à grande échelle que dans la première moitié du XVIIe siècle, de 1640 à 1650, par Dominique d'Estampes (1600 + 1691), 2e marquis de Valençay, marquis d'Applaincourt et de Fiennes (1643), député de la noblesse du Berry (1649). Marié en 1641 à une Montmorency, sœur du Maréchal duc de Luxembourg, il est neveu de Léonor d'Estampes, archevêque duc de Reims et d'Achille, cardinal de Valençay, général des galères de l'ordre de Malte.

L'aile Ouest a été détruite, il n'en reste que l'aile Est. La décoration aurait été confiée à Pierre de Cortone et au peintre Jean Mosnier.

La demeure avait un beau vestibule et un escalier de marbre qui conduisait à une grande salle ornée de chefs-d'œuvres de la Renaissance, en particulier une "magnifique tapisserie à fond de paysage" offerte à Henri Dominique d'Estampes (vers 1645 + 1680), marquis de Fiennes, fils aîné de Dominique, et une vierge italienne donnée par le Pape Innocent X à Henri d'Estampes (1603 + 1678), frère cadet de Dominique, ambassadeur de France à Rome puis Grand Prieur de France de l'ordre de Malte

 

En juillet 1747, Valençay est cédé par les d'Estampes, avec 20.000 hectares, à Jacques-Louis Chaumont de la Millière, pour 400.000 Livres, somme très modeste pour une telle propriété. Vingt ans plus tard, la propriété est revendue avec une forte plus-value à Charles Legendre de Villemorien, fermier général, qui y fait réaliser d'importants travaux : réparation, construction de la "Tour Neuve" au Sud, démolition des communs fermant la cour d'honneur à l'Est, suppression des fenêtres à la Française et du toit "à la Mansard".

Il y crée une filature, plusieurs forges, fait rétablir les ponts sur le Nahon, et refaire la route de Selles-sur-Cher.

Ces forges se trouvaient à Luçay-le-Mâle, « annexe à la seigneurie de Valençay (...) le château de Lucay parait être de la même époque que celui de Valençay : sa position est très belle, il domine la forge, l'étang qui l'alimente, le bourg de Luçay et des ravins pittoresques».

Sous la Terreur, son fils, le comte de Luçay, échappe de peu à la guillotine en se cachant trois jours et trois nuits dans la forêt de Garsenland; arrêté, il fut acquitté grâce à son épouse en qualité « d'entrepreneur de travaux utiles à la République ».

 

En 1803, le comte de Luçay, préfet des Palais Consulaires mais à court d'argent, vend pour 1,6 million de francs l'énorme domaine de 12 000 hectares répartis sur 23 communes à Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, ex-évêque d'Autun, ministre des Relations Extérieures du Consulat, obéissant ainsi à Bonaparte - qui contribua à l'achat - suivant cet ordre :

« Je veux que vous ayez une belle terre, que vous y receviez brillamment le corps diplomatique, les étrangers marquants,... »

Après y être venu avec son épouse Catherine Worlée, Talleyrand chargea Jean-Augustin Renard de restaurer et d'embellir sa nouvelle propriété; un pavillon de chasse fut alors aménagé et le parc transformé en parc à l'anglaise; le château est remeublé dans le style antiquisant alors en vogue ; le cabinet de travail abrite aujourd'hui des meubles et objets lui ayant appartenu dont un curieux fauteuil à soufflets. Le mobilier de sa chambre provient de son hôtel parisien de la rue Saint-Florentin.

Le lit de style Directoire acquis par Talleyrand en souvenir de Mme de Staël a donné son nom à une autre chambre.

En 1902 le dernier duc de Talleyrand-Valençay fit fermer par des portes-fenêtres la galerie à arcades de la cour d'honneur, où se trouvent les portraits en pied de plusieurs ancêtres de Talleyrand, peints en 1810 par le peintre Joseph Chabord (1786-1848), élève de Regnault, auteur de deux portraits équestres de Napoléon.

Le célèbre cuisinier Marie-Antoine Carême, « chef de bouche » de Talleyrand, séjourna au château presque chaque année

 

vendredi 05 août 2011, a 15:45
Valencay - Entre Classique et renaissance ***2ème partie***
 

 

Une cage dorée pour princes déchus.

 

De 1808 à décembre 1813, Ferdinand VII d'Espagne son frère don Carlos, son oncle don Antonio, et une suite nombreuse y furent assignés à résidence; le traité de Valençay, qui y fut signé dans la nuit du 10 au 11 décembre 1813, lui rendit alors la couronne d'Espagne et les trois princes retournèrent dans leur pays le 12 mars 1814.

Leur souvenir est évoqué par « la chambre du Roi d'Espagne », une allée couverte près du château, et un acte de baptême daté du 23 juin 1810 gardé dans les archives paroissiales qui porte leurs signatures et, jusqu'à une date imprécise du XIXe siècle, dans l'église paroissiale par un Saint-Ferdinand de l'école espagnole dans un cadre aux armes de Castille et de Leon, donné par le roi au curé lors de son départ mais qui, brûlé par un cierge placé trop près, fut ensuite remplacé par une copie du peintre Jobbé-Duval.

 

Le Bienfaiteur de Valençay.

 

Talleyrand, qui revint y vivre à partir de 1816, fut conseiller municipal puis maire de Valencay. Il reconstitua la filature – qui fournissait les usines de Châteauroux, d'Issoudun et la maison Sellière à Paris, et obtint une médaille à l'Exposition de Paris de 1819 – fit ériger le clocher de l'église en 1836, créa un nouveau cimetière et donna un terrain pour édifier la mairie.

"Il n'y a ni mendiants ni individus absolument nécessiteux à Valencay, écrivait le 14 décembre 1825 le préfet de l'Indre au ministre de l'Intérieur, parce que M. de Talleyrand a établi des ateliers où il y a du travail pour tous les âges. Ceux que la maladie atteint sont visités, secourus, consolés par les Soeurs de charité qu'il a dotées et fixées dans cette petite ville".

En 1818, ayant morcelé une propriété dont une partie revint à la commune, il consacra l'autre à la fondation d'une école pour enfants pauvres et offrit à sainte Elisabeth Bichier des Ages, dont il connaissait l'œuvre par son oncle Talleyrand, cardinal-archevêque de Paris, d'y fonder une maison, achevée avec une chapelle en 1820. Celle-ci était ornée de lambris, d'un mobilier de chêne sculpté, de vitraux, d'une Fuite en Egypte attribuée à Le Sueur - détruite par l'incendie du 18 août 1944 - et d'un calice en vermeil ciselé et incrusté de lapis, don du pape Pie VI à un prince Poniatowski archevêque de Cracovie, offert avant 1834 par une de ses nièces qui vécut à Valençay et y fut inhumée, qui fut rendu en 1905 au duc de Valençay, et finalement transmis au musée du Louvre.

Talleyrand, qui s'intéressait au travail des religieuses, visitait souvent ce qu'on appelait "la Maison de Charité", et y menait ses hôtes, dont Mgr de Villèle, archevêque de Bourges, et, le 26 octobre 1834, le duc d'Orléans et une nombreuse suite.

Par un codicille à son testament du 9 mars 1837, Talleyrand, qui mourut un an après, assura la perpétuité de l'établissement, et exprima la volonté d'y être inhumé et à cet effet fit creuser une grande crypte sous le chœur de la chapelle de l'école libre.

 

vendredi 01 juillet 2011, a 14:04
Valencay - Entre Classique et renaissance ***3ème partie***
 

 

Le plan général est de composition Renaissance avec le château précédé, au Nord, par une cour et une avant-cour quasi circulaire. L'entrée monumentale comporte une maison de gardien.

Des deux grands corps de bâtiments terminés par des pavillons du côté Sud seule la structure subsiste.

L'architecture extérieure montre les trois ordres classiques se superposant sur les pilastres : ordre dorique au rez-de-chaussée, ordre ionique au premier étage et ordre corinthien au second.U ne galerie, longue de près de 80 mètres, court tout le long du premier étage et dessert les appartements.

Les communs datant de la fin du XVIIIe siècle, sont en style néo-classique et comportent la ferme, des bâtiments dans la basse-cour, dont la forge. Les écuries disposées en rotonde ont été agrandies entre 1809 et 1811 avec un pédiluve et un abreuvoir dit "fontaine d'Apollon". La vénerie date de la fin du XIXe siècle.

Un théâtre à l'Italienne, décoré "à l'antique", de 200 places, a été aménagé dans les communs vers 1808 - 1811 afin de divertir les princes d'Espagne.

Les salons abritent un mobilier somptueux, principalement d'époque Empire; la demeure compte une centaine de pièces, dont vingt-cinq appartements de maître.

L'un des nombreux intérêts de ce monument est qu'il conserve du mobilier dans les pièces ouvertes au public, même si au début du XXe siècle une partie de celui-ci a quitté le château.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, l'édifice abritait des tableaux de maîtres anciens et une importante bibliothèque; une lettre de onze pages datée du 23 août 1828 adressée à Talleyrand contenant l'inventaire des livres de sa bibliothèque envoyés à Valençay, et le "Catalogue des livres envoyés à Valençay en 1819" manuscrit de 8 pages, ont été vendus aux enchères à Paris le 3 mars 2010.

 

lundi 06 juin 2011, a 15:20
Ussé l'enchanteur ***1ère partie***
 

 

Le château d'Ussé se trouve à Rigny-Ussé, en Indre-et-Loire (région Centre, France). Il fait partie des châteaux de la Loire. Ce château est un domaine privé, ouvert à la visite. Il appartient au 7ème Duc de Blacas.

Il fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 15 avril 1931.

 

Ce château est bâti au bord de l'Indre, un affluent de la Loire. Il se situe à 33 km à l'ouest de Tours et à 14 km de Chinon, sur la commune de Rigny-Ussé.

 

Le site du château d'Ussé est habité depuis la préhistoire, comme en attestent les traces retrouvées sur les lieux. On note également une présence gallo-romaine (petit tumulus et tombes), et certaines rumeurs en font la propriété du gallo-romain Uccius. Cité au VIe siècle sous le nom d'Ucerum (chronique de Turons), le site d'Ussé, adossé à la forêt de Chinon, occupe un espace stratégique, contrôlant la route de Chinon, et la navigation de la Loire et de l'Indre.

Le premier seigneur connu d'Ussé fut en 1004 le chef viking Guelduin Ier de Saumur (dit le diable de Saumur), seigneur de Saumur, d'Ussé et de Pontlevoy, portant les couleurs du comte de Blois Thibeut II puis Eudes II. Il édifia la première forteresse en bois. Son fils Guelduin II lança en 1040 la construction en pierre d'un premier château.

En 1099, Olivier d'Ussé est le seigneur des lieux.

Vers la fin de la guerre de cent ans, en 1424, Jean V de Bueil, comte de Sancerre, seigneur d'Ussé et capitaine du roi, membre d'une des plus illustres familles tourangelles, fait construire la structure de base du château actuel. Il meurt en 1477. Son fils Antoine, seigneur d'Ussé en 1456, épouse en 1462 Jeanne de Valois, fille de Charles VII et d'Agnès Sorel. Elle lui apporte une dot de 40 000 écus d'or. Dans les années 1460, il entreprend la reconstruction du château dans le style du XVe siècle. Surendetté, Antoine de Bueil vend Ussé à Jacques d'Espinay en 1485.

D'origine bretonne, Jacques d'Espinay est le fils du chambellan de François II de Bretagne. Il devient lui-même chambellan des rois Charles VIII et Louis XII, puis accède à la fonction de grand-maître de l'hôtel de la reine. Il poursuit les travaux du château et fonde en 1521 la collégiale d'Ussé destinée à devenir la chapelle funéraire de sa famille.

Son fils Charles d'Espinay et sa belle-fille Lucrèce de Pons poursuivent les travaux. Leur fils, René d'Espinay, leur succède en 1534. La chapelle, dédiée à Sainte-Anne, est consacrée le 11 août 1538. Lui-même criblé de dettes, René vend le château en 1557 à Suzanne de Bourbon.

La fille de Suzanne de Bourbon, Louise de Rieux, apporte le domaine à son époux René de Lorraine, marquis d'Elbeuf. Toujours par mariage, Ussé passe à Henri de Savoie, duc de Nemours, qui meurt en 1620. Après une succession de propriétaires le château est acquis en 1659 par Thomas Bernin, marquis de Valentinay, secrétaire du roi. C'est en 1664 que le marquis de Valentinay fait aménager les jardins d'après des dessins de Le Nôtre.

 

samedi 14 mai 2011, a 11:08
Ussé l'enchanteur ***2ème partie***
 

 

En septembre 1700, la châtellenie d'Ussé est érigée en marquisat en faveur de Louis II Bernin de Valentinay, receveur général des finances à Tours et ami de Charles Perrault, qu'il recevra plusieurs fois au château. Le domaine comprenait également les terres de Rivarenne et Bréhémont. Il est écrit dans le dossier : « La Seigneurie d'Ussé est très considérable, et d'une grande étendue, consistant en un château avec cinq grosses tours et fermé de fossés à fond de cave et pont-levis, dans l'enceinte duquel est une église (chapelle actuelle), qui en est la paroisse où il y a un Chapitre composé d'un Doyen et de cinq chanoines de la Fondation des Seigneurs du dit lieu, avec un parc de soixante arpents, clos de murs, et avec tous les ornements qui peuvent rendre une terre capable de porter un titre éminent ». Contrôleur Général de la Maison du Roi, Louis Bernin de Valentinay épouse en janvier 1691 Jeanne-Françoise Le Prestre de Vauban, décédée le 14 novembre 1713, seconde fille du célèbre maréchal de France. Ils auront trois enfants: Louis Bernin, marquis d'Ussé, ainsi que deux filles dont la cadette sera religieuse à Sainte-Marie-de-Saint-Denis. Vauban viendra d'ailleurs plusieurs fois au château d'Ussé, et plusieurs plans de fortification furent réalisés au château. Il est d'ailleurs l'auteur de la construction italienne et des terrasses du château, ainsi que de l'allée des cavaliers.

Voltaire y aurait séjourné, et écrit une partie de La Henriade.

En 1780, les déscendant de Louis Bernin de Valentinay vendent le château.

En 1807, le château passe à la famille de Duras. Les cèdres du Liban ramenés de terre sainte en 1817 par Châteaubriant pour son amie Claire de Kersaint, épouse du duc de Duras, sont visibles près de la chapelle. Châteaubriant y aurait rédigé une partie de ses mémoires d'Outre-Tombe.

La fille du duc de Duras cède le domaine à son petit neveu le duc de Blacas, dont les descendants sont toujours propriétaires du château.

 

Architecture

Le château présente deux styles architecturaux, l'un d'inspiration médiévale et gothique et l'autre de la Renaissance. La cour intérieure présente un exemple de ces deux styles. La première partie des travaux de construction date du XVe siècle par Jean V de Bueil. Le château sera achevé sous l'aspect actuel aux XVIe et XVIIe siècles.

Les jardins à la française ont été inspirés par Le Nôtre, l'architecte de Louis XIV.

 

Collégiale Notre-Dame

Construite entre 1521 et 1535 par Charles d'Espinay et son épouse Lucrèce de Pons, la collégiale d'Ussé, dédiée à la vierge et à Sainte-Anne, fait office d'oratoire privé et de chapelle funéraire. La porte d'entrée, en anse de panier, est surmontée d'un entablement et d'un fronton cintré à coquille. Les embrasements de l'arc sont ornés de dix-sept médaillons d'où apparaissent les bustes des douze Apôtres sur les côtés (le Christ est au centre). À droite du christ, et de haut en bas se trouvent Pierre, Jean, Jacques le Majeur, André, Thomas, et peut-être Jacques le Mineur. Les quatre médaillons du bas ont pour thème la Mort.

Les stalles du XVIe siècle, de style gothique enrichies de décors à l'italienne, sont de Jean Goujon.

Une statue de dieu le père trône sous un baldaquin, tandis que l'on peut admirer une Vierge en faïence émaillée de Lucca della Robia.

 

jeudi 14 avril 2011, a 17:30
Ussé l'enchanteur ***3ème partie***
 

 

Hall d'entrée

Le hall d'entrée se situe dans la partie du château datant du XVe siècle. L'escalier vis à vis a été réalisé au XIXe siècle par Madame de la Rochejacquelin. On observe deux commodes italiennes, d'époque Renaissance, et à droite, sur un panneau de bois sculpté, l'Ange Saint-Michel, du XVIe siècle, provenant des stalles de la chapelle.

 

Salle des gardes

La salle des gardes était l'entrée du château au XVe siècle. Elle était accessible par un pont-levis, aujourd'hui à l'emplacement d'une fenêtre. Le plafond du XVIIe siècle siècle est peint en faux marbre, selon une technique italienne de trompe-l'oeil.

La salle des gardes abrite la collection d'armes et objets orientaux (principalement indiens), rapportés au XIXe siècle siècle par le comte Stanislas de Blacas : un guerrier indien du XVIIIe siècle, un Kouttar (arme indienne de un ou deux mètres et qui servait à la chasse aux tigres), des armes d'apparat en argent finement ciselés, incrustés de jade, d'ivoire, et d'émail, un coffre syrien en bois de cèdre incrusté de nacre, sur lequel est disposé une collection de miniatures peintes sur ivoire qui représente les principaux monuments des Indes dont le Taj Mahal.

On peut observer les souvenirs présentés dans la seconde vitrine, dus au duc de Blacas (1770-1839), tandis que la grande vitrine de gauche est réservée à un thème différent chaque année. Au-dessus, la généalogie du duc de Duras (portrait de gauche), propriétaire du château en 1807.

Dans la pièce attenante sont rassemblées des porcelaines de Chine et du Japon.

 

Salon Vauban

Ancienne chapelle médiévale (l'abside était à l'emplacement des fenêtres actuelles), cette pièce fut réstaurée en hiver 1995.

Le salon est meublé d'un cabinet italien en poirier noirci et en ébène, incrusté d'ivoire, de nacre et de lapis-lazuli, datant du XVIe siècle, et refermant 49 tiroirs secrets, ainsi qu'un bureau Mazarin, (meuble français du XVIIe siècle), marqueté en bois de citronnier et de rose. Le reste du mobilier est de style Régence (début du XVIIIe siècle), entièrement démontable afin de changer de tissu en fonction des saisons.

Les murs sont décorés de trois tapisseries de Bruxelles datant du XVIe siècle, représentant le thème biblique de "David et Goliath". Sont également exposés un Portrait de Madame de Maintenon, une peinture sur bois du XVIIe siècle Le repas de Balthazar (au-dessus de la cheminée), ainsi que, au-dessus du bureau, un Portrait de Chateaubriand, ami de la propriétaire des lieux, la duchesse de Duras. Femme écrivain, elle fut connue pour deux romans : Edouard et Ourika, qui lui vaudront en récompense le vase de Sèvres exposé lui aussi dans le salon, offert par Louis XVIII, sur lequel figure une scène du roman Ourika.

 

Ancienne cuisine

Avec sa voûte en tuffeau sculpté en berceau, il s'agit de la plus ancienne pièce du château. La salle était autrefois le débouché d'un souterrain creusé directement dans les fondations du château. Aujourd'hui condamné, il ressortait au beau milieu de la forêt de Chinon.

On peut y observer des tapisseries d'Audenarde, datant du XVIIe siècle, ainsi qu'un coffre gothique du XVe siècle.

 

Grande galerie

Au XVe siècle, il s'agissait d'un passage en arcades, ouvert sur la cour. Il fut transformé en logis d'habitation au cours des XVIIe et XIXe siècles. Elle relie aujourd'hui les ailes Est et Ouest du château.

On peut y admirer une collection de tapisseries de Bruxelles, du XVIIIe siècle, réalisées d'après des cartons de David Teniers Le Jeune. Au centre de la galerie, un buste de Louis XIV d'après Bernini (l'original est au château de Versailles). On peut également observer une série de médaillons du XIXe siècle, provenant de la ville de Faënza, en Italie (d'où le nom de faïence). Sur la gauche, un coffre de mariage français de style Renaissance

Le grand escalier droit du château, à rampe en fer forgé, est d'inspiration italienne du XVIIe siècle. On peut y voir une chaise à porteur du XVIIIe siècle, une paire de bottes dites de postillon (2 kg chacune), qui ont inspiré Charles Perrault, une commode espagnole de voyage, du XVIIe siècle, ainsi qu'un canon du XIXe siècle, provenant du château de Beaupréau, et qui a servi lors de la naissance du duc de Blacas en 1943 pour annoncer sa naissance.

En haut de l'escalier, sont exposés une tapisserie de Beauvais du XVIIIe siècle représentant une scène mythologique, un portrait de Louis XVIII, ainsi que le Sacre de Louis XV à Reims, peint en 1772, d'après le tableau de Martin des batailles au château de Versailles.

Antichambre : Réalisée au XVIIe siècle lors de l'aménagement des appartements royaux, elle est meublée d'un bureau de style Boulle (XVIIIe siècle). Les murs sont ornés de deux portraits en pastel de Jean Valade (1710-1787), ainsi que d'une copie des Noces de Cana de Véronèse. Dans les angles, des laques de Chine du XVIIIe siècle

Chambre du roi :

Cette pièce a été restaurée en 1995.

Les soieries du XVIIIe siècle, aux motifs d'inspiration chinoise, ont été réalisées dans les manufactures de Tours. L'ensemble du mobilier date de 1770. Le salon et lit à baldaquin (dit à la polonaise) sont de style Louis XVI. Le miroir de Venise date du XVIIe siècle. Les quatre commodes sont de styles différents : deux de style Régence, une de style Louis XV et la dernière de style Transition. Le parquet en chêne à caisson date du XVIIe siècle.

La chambre du roi possède également une collection de portrait: à droite de la fenêtre, un portrait de Louis XIV, d'après Rigaud ; à gauche, un portrait de Madame Victoire ; au-dessus de la cheminée, un portrait de Mademoiselle de Blois, Princesse de Conti, et enfin un portrait équestre du prince de Conti.

 

La Belle au Bois dormant

Charles Perrault se serait inspiré de ce château pour le conte de la Belle au bois dormant. Le château contient d'ailleurs une mise en scène du conte cité, installée le long du chemin de ronde, grâce à un ensemble de statues de cire.

 

mardi 29 mars 2011, a 12:17
Sceaux - Demeure du Grand Colbert ***1ème partie***
 

Au XVe siècle, il y a à Sceaux un manoir : en 1470, le seigneur de Sceaux, Jean II Baillet,(1400-1477), maître des requêtes ordinaires de l'hôtel du roi, y reçoit le roi Louis XI et la reine Charlotte de Savoie avec toute la Cour. Il avait réuni les trois fiefs formant la Seigneurie de Sceaux; Ceaux-le-Petit, l'Enffermerie de Saint-Germain-des-Près et Ceaux-le-Grand. Cette dernière terre lui venant de son père, Pierre Baillet, premier seigneur de Sceaux qui avait acheté cette terre à Alix de Vaubouillon. La seigneurie va rester dans cette famille jusqu'à la fin du XVIe siècle. La seigneurie échue à trois sœurs Baillet; Renée, Isabeau et Charlotte qui en indivision, laissèrent le domaine à vau-l'eau. Louis Potier, époux de Charlotte, baron de Gesvres, conseiller du roi, racheta le domaine en 1597. La propriété couvrait 119 arpents (environ 50 hectares). Il avait acheté en 1595, la seigneurie de Blérancourt. Son frère, Nicolas III Potier, avait épousée une autre des filles, Isabeau.

Au début du XVIIe siècle, les Potier de Gesvres, seigneurs de Sceaux depuis 1597, font construire un château de style Henri IV ou Louis XIII (la date exacte n'est pas connue). C'est une famille de bourgeois qui finiront par devenir ducs : ducs de Tresmes et ensuite ducs de Gesvres. Sceaux est érigée en châtellenie en 1612 et en baronnie en 1619-1624.

 

En 1670, Jean-Baptiste Colbert, ministre de Louis XIV, qui souhaite disposer d'un domaine près de Paris et non loin de Versailles, achète la terre de Sceaux, aux trois héritiers de René Potier, marquis de Gesvres, duc de Tresmes. Il procéde à d'importantes acquisitions foncières afin d'agrandir le domaine qu'il porte à une centaine d'hectares. Lorsque le fils de Colbert, le marquis de Seignelay, fera l'acquisition de la seigneurie de Châtenay, le parc atteindra la superficie de 225 hectares (environ 700 arpents). Colbert fait agrandir l'édifice, qui avait été bâti après 1597, au début du 17e siècle et dessiner un parc à la française par André Le Nôtre. L'architecte n'est pas connu, mais compte tenu de la position éminente du commanditaire – qui s'était vu confier depuis 1664 la charge de Surintendant des Bâtiments du Roi – il ne fait guère de doute qu'il devait s'agir d'un des plus grands de cette époque : peut-être Antoine Le Pautre. Des recherches récentes ont permis de retrouver le nom des deux entrepreneurs : Maurice Gabriel et Jean Girard qui construisit le corps central du château de Saint-Cloud. Claude Perrault est intervenu pour l'édification de la chapelle qui se trouvait dans l'aile sud du château

 

Lorsque Colbert meurt en septembre 1683, le château de Sceaux devient la propriété de son fils, l'aîné de neuf enfants, le marquis de Seignelay, homme brillant qui succéda également dans plusieurs des charges de son père : Marine et Secrétariat d'État à la Maison du roi. Celui-ci fait luxueusement réaménager les intérieurs, commandant notamment un appartement dans le goût chinois, décoré de laques, destiné à sa femme. Il fait construire en 1686 par Jules Hardouin-Mansart l'orangerie qui subsiste en partie aujourd'hui (longue à l'origine de 80 mètres, elle a été amputée de sa partie est pendant la guerre de 1870). Elle fera l'admiration des contemporains et servira dès le début de galerie d'art, visitée par les ambassadeurs du roi du Siam.

Il agrandit considérablement le parc, en achetant la seigneurie de Châtenay au chapitre de Notre-Dame de Paris, portant la surface du domaine à environ 227 hectares. Parc dans lequel il fait créer par Le Nôtre un second axe, perpendiculaire à l'axe originel, en creusant le Grand Canal, long de 1 140 mètres, achevé en 1691 et la création de la terrasse le surplombant dite aujourd'hui " Terrasse des Pintades « . L'ensemble des terrassements et des parterres devant le château sont remaniés pour créer quatre niveaux de terrasses en pente douce, ornés de parterres de broderies avec bassins, d'un parterre de compartiments surplombant le canal et d'un Tapis Vert en direction de Châtenay-Malabry à l'ouest.

Le 16 juillet 1685, Seignelay reçoit le Roi et la Cour lors d'une fête demeurée célèbre, organisée par l'ornemaniste Jean Berain. Le roi se promène longuement dans les jardins. Il admire le pavillon de l'Aurore, les bassins et les fontaines puis il regagne le château. L'orangerie qui occupe alors l'aile sud du château a été transformée en salle de spectacle ou l'on donna » L'Idylle de Sceaux « ou » Idylle de la Paix « , œuvre de Lully et de Racine, chantée par les membres de l'Opéra. Le fête se termine par un somptueux festin. Les tables ont été disposées autour d'un nouveau bassin proche de l'aile sud du château.

Le marquis de Seignelay meurt en 1690 et son épouse en 1699; leurs enfants ne profiteront pas du domaine qui sera vendu par leur tuteur au duc et à la duchesse du Maine.

 

En 1700, les héritiers du marquis de Seignelay vendent le château au duc du Maine, fils naturel légitimé et préféré de Louis XIV et de Madame de Montespan. La duchesse du Maine, (1676-1753), elle est la petite fille du Grand Condé et tient à Sceaux une cour brillante. Elle fait construire par Jacques de La Guépière le pavillon de la Ménagerie (détruit), situé au nord du grand parc et entouré d'un jardin. Ils donnent une fête brillante pour célébrer le départ du Duc d'Anjou (petit-fils de Louis XIV) en Espagne, dont il deviendra le roi sous le nom de Philippe V. Elle crée en 1703, l'Ordre de la Mouche à Miel et sa devise est : « Je suis petite certs mais je fais de cruelles blessures »  , vers tiré de  « L'Amintas »  de Le Tasse.

À la mort de la duchesse du Maine en 1753, le château passe à ses fils, le prince de Dombes puis, au décès de celui-ci en 1755, au comte d'Eu. En 1775, à la mort de comte d'Eu, son cousin le duc de Penthièvre récupère l'héritage. En 1786, le duc projette de transformer une partie du parc en jardin à l'anglaise (projet aux Archives nationales). En 1791, il donne le domaine à sa fille, la duchesse d'Orléans. Le duc de Penthièvre meurt le 4 mars 1793. Ses biens sont confisqués dès avril 1793.

 

Le domaine est confisqué comme bien national dès 1793. Il est transformé en école d'agriculture. La plupart des statues sont enlevées par Alexandre Lenoir pour son musée des monuments français. Le domaine est acheté en 1798 par Jean François Hippolyte Lecomte, négociant affairiste, enrichi dans le commerce du vin, proche de Fouché, qui, vers 1803, détruit le château pour en vendre les matériaux.

 

dimanche 13 mars 2011, a 20:32
Sceaux - Demeure du Grand Colbert ***2ème partie***
 

 

En 1828, Anne-Marie Lecomte-Stuart (1808-1870), fille de M. Lecomte épouse Napoléon Mortier de Trévise (1804-1869), fils du maréchal Mortier, duc de Trévise. Deuxième duc de Trévise en 1835, celui-ci fait construire à l'emplacement du château de Colbert, le château de style Louis XIII en brique et pierre que l'on peut voir aujourd'hui. Les travaux sont dirigés par l'architecte Joseph-Michel Le Soufaché entre 1856 et 1862, d'après les projets de l'architecte Auguste Théophile Quantinet. Le parc est soigneusement replanté sur les tracés de Le Nôtre. Sous le Second Empire, le domaine est le théâtre de fêtes brillantes.

Le second duc de Trévise meurt en 1869. En 1870, le domaine est occupé par les troupes bavaroises qui saccagent le village de Sceaux. La propriété reste en indivision quelques années puis Hippolyte Mortier de Trévise, marquis de Trévise rachète leurs parts à ses frères et sœurs et continue à entretenir le domaine jusqu'à sa mort en 1892. Sceaux devient alors la propriété de sa fille, la princesse Léonie de Cystria-Faucigny-Lucinge. Celle-ci se désintéresse du domaine dont sa mère garde l'usufruit.

Restent de l'époque de l'Ancien Régime (avant la Révolution) :

  • l'axe menant de la route d'Orléans à l'entrée d'honneur du château avec ses douves sèches, son pont dormant et ses deux pavillons de garde ;
  • le pavillon de l'Aurore (vers 1672) ;
  • l'orangerie, construite par Jules Hardouin-Mansart en 1686 ;
  • les écuries, l'abreuvoir et les bâtiments de la ferme ;
  • quelques statues de marbre ou de pierre rythmant certaines allées du parc (les jardins et parterres d'aujourd'hui, ne représentent qu'une partie du parc de Le Nôtre après son dépeçage partiel réalisé dans le but de créer des lotissements de grand luxe) ;
  • les principaux axes du parc ;
  • le grand canal et l'axe perpendiculaire ;
  • le bassin de l'Octogone ;
  • quelques degrés engazonnés.

Le pavillon de Hanovre a été installé à Sceaux en 1932 dans la partie du parc proche de Châtenay.

 

jeudi 24 février 2011, a 17:06
Sceaux - Demeure du Grand Colbert ***3ème partie***
 

 

Le parc de Sceaux aujourd'hui

 

La marquise de Trévise continue à veiller sur le domaine. Les troupes françaises l'occupent en 1914. En 1923, l'héritière du marquis de Trévise, sa fille Marie Léonie Mortier de Trévise, par son mariage princesse de Faucigny-Cystria, envisage la cession de ce domaine qu'elle est dans l'incapacité d'entretenir. Jean-Baptiste Bergeret de Frouville, maire de Sceaux de 1919 à 1925, sauve le domaine en réussissant à convaincre le Conseil général du département de la Seine d'en faire l'acquisition. En 1971, le domaine est devenu la propriété du département des Hauts-de-Seine.

La marquise de Trévise continue à veiller sur le domaine. Les troupes françaises l'occupent en 1914. En 1923, l'héritière du marquis de Trévise, sa fille Marie Léonie Mortier de Trévise, par son mariage princesse de Faucigny-Cystria, envisage la cession de ce domaine qu'elle est dans l'incapacité d'entretenir. Jean-Baptiste Bergeret de Frouville, maire de Sceaux de 1919 à 1925, sauve le domaine en réussissant à convaincre le Conseil général du département de la Seine d'en faire l'acquisition. En 1971, le domaine est devenu la propriété du département des Hauts-de-Seine.

 

Pour financer la restauration du domaine, le département de la Seine en lotit le tiers. Les travaux de restauration sont entrepris à partir de 1928 sous la direction de l'architecte Léon Azéma. Le parc de Sceaux retrouve, dans leurs grandes lignes, les dispositions voulues par Le Nôtre. Des mascarons sculptés par Auguste Rodin viennent orner les Grandes Cascades recréées. Le parti-pris d'ensemble est fidèle au classicisme, même si les détails révèlent, par leur dépouillement non exempt d'une certaine sécheresse, une exécution dans les années 1930. Ce parti-pris permet aussi de limiter les frais d'entretien. Œuvre de longue haleine, la restitution ne s'achève que dans les années 1970 avec la recréation du Tapis Vert.

Quelques vestiges significatifs rappellent le château de Colbert et de son fils. La grille d'entrée est encadrée de guérites sommées d'animaux sculptés par Jean-Baptiste Théodon (attribués précédemment par tradition à Antoine Coysevox) qui illustrent les vertus dont le ministre de Louis XIV avait voulu se parer : la licorne transperçant un dragon symbolise la pureté et le désintéressement, tandis que le dogue, qui prend un loup à la gorge, représente la fidélité. À droite de l'entrée, les écuries attribuées à Antoine Le Pautre. Dans le jardin, derrière les communs, le Pavillon de l'Aurore, est surmonté d'une coupole sur laquelle Charles Le Brun a peint l'Aurore chassant la Nuit et décoré de peintures de Nicolas Delobel. On peut également mentionner, outre l'orangerie déjà citée, l'entrée d'honneur avec les deux pavillons de garde en pierre et les bâtiments de la ferme.

 

Près du château, on avait installé à l'occasion de l'exposition Île-de-France-Brabant, le groupe, œuvre de Martin Desjardins (1686), des quatre nations soumises (l'Empire, la Hollande, l'Espagne et le Brandebourg) qui escortaient la statue pédestre de Louis XIV de la place des Victoires à Paris (aujourd'hui au musée du Louvre, salle Pujet). Au fond du parc, on a remonté en 1932 la façade du Pavillon de Hanovre, construit entre 1758 et 1760 par l'architecte Jean-Michel Chevotet dans les jardins de l'hôtel du duc de Richelieu, rue Neuve-Saint-Augustin (actuellement boulevard des Italiens), démonté lors de la construction du Palais Berlitz.

Le château accueille le Musée de l'Île-de-France, inauguré en 1937. Le parc est ouvert au public tous les jours du lever jusqu'au coucher du soleil.

 

mercredi 09 février 2011, a 16:54
Bournazel - Renaissance du Sud *** 1ère partie ***
 

 

CHATEAU DE BOURNAZEL

 

Bournazel est une des huit communes de la communauté de communes du Pays Rignacois. Ce village est situé à 7 kilomètres au nord de Rignac, chef-lieu du canton. Le village se situe aux confins du Ségala, du Bassin Houiller et du Rougier de Marcillac. Bournazel, commune de 298 habitants construit à 502 m d'altitude possède un joyau Renaissance au coeur de la France rurale.

Bournazel était une ville fortifiée au Moyen Age. Ses remparts étaient percés de portes dont deux subsistent aujourd'hui. Le Château, érigé sur l'ancienne forteresse médiévale, s'inscrit dans la lignée de la Renaissance Ligérienne.

Fleuron de la Renaissance, le château de Bournazel se situe à la limite du village

mardi 25 janvier 2011, a 21:50
Bournazel - Renaissance du Sud *** 2ème partie ***
 

 

Le château de Bourmazel fut édifié autour de 1545 sur les vestiges d'une forteresse médiévale dont deux tours subsistent. Malgré les ravages causés par la révolte paysanne de 1790, le charme de cet édifice, commandé par le seigneur Jean II de Buisson, reste authentique. Il est aujourd'hui considéré comme l'un des plus beaux exemples de l'architecture de la Renaissance en Rouergue. La finesse du décor sculpté des façades, la régularité de la composition architecturale ainsi que la remarquable galerie sur cour, expliquent le classement de cette demeure aux Monuments Historiques

 

Au travers des campagnes de la Renaissance l'aile nord commencée vers 1442-43 est terminée en 1545. L'aile orientale (1550-55) est un inestimable chef d'œuvre qui témoigne d'une vaste culture architecturale. Un maître qui a étudié Vitruve, qui fut Serlio, connaît l'Italie du Nord Est et Rome.

La façade qui possède une parfaite maîtrise des ordres, est orchestrée par la travée rythmique qui développe une profondeur et une monumentalité inattendues qui évoquent la galerie sur cour du palais Venezia à Rome.

Le sentiment de nouveauté est souligné par la disposition inconnue en France du passage réservé au premier étage véritable préfiguration du couloir. Cette liaison assurait la relation avec l'aile Sud inscrite dans le projet du propriétaire mais dont la réalisation n'a pas été effectuée

 

vendredi 07 janvier 2011, a 14:36
Bournazel - Renaissance du Sud *** 3ème partie ***
 

Un porche à deux tours tronquées marque l'entrée du château, il est un vestige de l'ancienne enceinte du premier château médiéval. Cette enceinte couvrait une surface bien supérieure à celle du château actuel.

Après, il vous faudra encore passer deux tours monumentales ouvrant sur la cour d'honneur. Le château médiéval avait été apporté en dot par Charlotte de Mancip à Jean de Buisson riche marchand toulousain, personnage moderne et cultivé qui fait reconstruire un château Renaissance, selon le modèle du château d'Assier dans le Lot.

Les travaux débutent en 1542. Le château s'ordonne autour de sa cour d'honneur : un grand bâtiment central de style français, attenant l'aile orientale d'inspiration italienne et l'aile sud qui ne fut jamais achevée

Malgré ces destructions, le visiteur peut toujours admirer la monumentalité de l'édifice entre les hautes tours médiévales. Actuellement le château est en cours de restauration et pour 2011, l'aile nord sera aménagée intérieurement et ouverte à la visite.

 

dimanche 19 décembre 2010, a 11:38
Saumur - Citadelle du Maine ***1ère partie***
 

 

Le château de Saumur, Maine-et-Loire, est bâti au confluent de la Loire et du Thouet, aux confins est de l'Anjou et à proximité de l'ouest de la Touraine.

Le château fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 2 novembre 1964.

 

Histoire du château :

 

Le château de Saumur a connu ses premières fortifications sous Thibaud le Tricheur, comte de Blois, au Xe siècle. En 1026, il devint propriété du comte d'Anjou, le célèbre Foulques Nerra qui le légua à ses héritiers Plantagenêt.

Philippe Auguste, roi de France et capétien, l'annexa à la couronne.

 

jeudi 02 décembre 2010, a 14:47
Saumur - Citadelle du Maine ***2ème partie***
 

 

En 1227, Saint Louis fait rehausser le fort devenu français puis, à partir de 1367, Louis Ier d'Anjou, petit-fils de Philippe VI, fait remplacer les vieilles tours rondes par des tours octogonales.

Le roi René d'Anjou, « bon roi René », écrivain, homme cultivé et bâtisseur de forteresse (Tarascon) améliore sensiblement le confort de l'ensemble du château qu'il surnomme le « château d'amour ».

Au XVIe siècle, l'italien Bartolomeo renforce les défenses du château. Précurseur, il fit construire autour du château médiéval des défenses basses, des fortins (bastions) et courtines suivant un plan en étoile étonnement moderne un siècle avant Vauban.

Moins glorieux, le château devint prison sous Louis XIV et Napoléon, puis un dépôt de munitions.

 

mercredi 17 novembre 2010, a 14:31
Saumur - Citadelle du Maine ***3ème partie***
 

 

Au début du XXe siècle, la ville rachète le château à l'État et le rénove progressivement, y installe le musée des arts décoratifs ainsi que celui du Harnachement.

Le château a été immortalisé dans le manuscrit des Très Riches Heures du duc de Berry dans le folio du mois de septembre qui représente les vendanges au pied du château

Le 22 avril 2001, la partie ouest du rempart nord s'est effondrée et a endommagé une partie des habitations situées en contrebas. Il s'ensuivit un chantier de stabilisation du sous-sol et de reconstruction du rempart qui s'est achevé en 2007.

 

mercredi 27 octobre 2010, a 12:00
Ancy-Le-Franc - L'ombre de Louvois ***1ère partie***
 

 

Le Château d'Ancy-le-Franc est un Château de style Renaissance du XVIe siècle situé dans la commune d'Ancy-le-Franc dans le département français de l'Yonne.

 

lundi 11 octobre 2010, a 11:30
Ancy-Le-Franc - L'ombre de Louvois ***2ème partie***
 

 

Histoire

Dès le XIIe siècle existait à Ancy-le-Franc un château fort, dont une tour subsistait encore à la fin du XVIe siècle.

C'est à partir de 1544 que le château actuel est érigé à la demande d'Antoine III de Clermont, beau-frère de Diane de Poitiers et fils d'Anne de Husson, comtesse de Tonnerre. Les plans de l'édifice sont traditionnellement attribués à l'architecte italien Sebastiano Serlio, que le roi François Ier avait fait venir en France. Une autre hypothèse avance le nom de l'architecte Pierre Lescot, dont les travaux étaient visiblement inspirés de ceux de Serlio. La décoration intérieure est l'œuvre du Primatice, qui travaille alors au château de Fontainebleau.

Antoine de Clermont meurt en 1578, laissant le château inachevé. C'est son petit fils Charles-Henri qui reprend les travaux. Le château est alors en mesure d'accueillir des hôtes prestigieux : Henri III, Henri IV en 1591, Louis XIII en 1631 et Louis XIV en 1674.

François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois

En 1683, les Clermont vendent la terre d'Ancy-le-Franc et le château à François Michel Le Tellier de Louvois, ministre de Louis XIV. L'année suivante, Louvois acquiert le comté de Tonnerre, se constituant ainsi un vaste domaine. Il fait construire des communs et confie à Le Nôtre le tracé du parc.

Après la Révolution, le dernier marquis de Louvois parvient à rentrer en possession du château. Il fait remettre en état le parc, laissé longtemps à l'abandon, sur un tracé différent. Il modifie la décoration intérieure. Le château retrouve alors sa splendeur passée.

En 1844, Ancy-le-Franc est cédé à Gaspard Louis Aimé de Clermont-Tonnerre, descendant d'Antoine III de Clermont. Il passe ensuite entre diverses mains, notamment celles des princes de Mérode.

Aujourd'hui propriété d'une société privée, le château fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 08 mars 1983.

 

mardi 28 septembre 2010, a 13:36
Ancy-Le-Franc - L'ombre de Louvois ***3ème partie***
 

 

Description

L'architecture du château est le fruit de la rencontre entre Antoine de Clermont et Sebastiano Serlio. En effet, bien que l'architecte soit italien, il a su employer les fruits de la tradition française.

Le château est construit selon un plan centré et quadrangulaire. Quatre logis formant un carré sont chacun flanqués d'un pavillon saillant aux angles. Ce plan s'inspire des plans dits en "pi" très utilisés en France à cette époque. Serlio a séparé les deux niveaux d'élévations par une large corniche sur laquelle reposent au second niveau les baies. L'architecte a employé pour le premier niveau l'ordre toscan et au second niveau l'ordre dorique. Sur les deux niveaux, les baies sont encadrées de pilastres engagés. Il faut savoir que jusqu'au XVIIe siècle, une travée sur deux seulement était ouverte. Serlio voulait créer un rythme alterné entre baies ouvertes et travées aveugles.

Pour la façade de la cour intérieure, Serlio a employé au premier niveau l'ordre corinthien et au second niveau l'ordre composite. Là aussi, il a voulu jouer sur un rythme alterné entre les baies ouvertes et les niches encadrées de pilastres. Ces niches sont ornées d'un coquillage à l'intérieur. Serlio a ouvert une triple arcade au rez de chaussée qui n'est pas sans rappeler celle de la Villa Madame.

Serlio a su se plier aux exigences du commanditaire en surmontant l'édifice d'un toit très pentu comme au Château de Villandry et il a utilisé la pierre calcaire de Bourgogne.

L'intérieur du château renferme des peintures murales d'après des dessins du Primatice ou de Nicolò dell'Abbate, des plafonds à caissons, des boiseries finement sculptées, des ornementations colorées...

 

jeudi 09 septembre 2010, a 19:34
Azay-le-rideau - Un joyaux sur la Loire *** 1ère partie ***
 

 

Le château d'Azay-le-Rideau est un monument classé appartenant à l'État et situé dans la commune du même nom, en Indre-et-Loire, en France.

On peut y accéder par la ligne TER Tours - Chinon qui marque systématiquement l'arrêt dans la commune.

Le château fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 11 août 1905

Histoire

Le premier château médiéval d'Azay fut construit aux alentours de 1119 par l'un des premiers seigneurs du lieu, Ridel (ou Rideau) d'Azay, chevalier de Philippe Auguste, qui édifia une forteresse défensive censée protéger la route entre Tours et Chinon.

Mais il fut brûlé par Charles VII en 1418 lorsque le roi, de séjour à Azay sur la route de Chinon, est provoqué par les troupes bourguignonnes qui occupent la place forte. Le capitaine et 350 soldats sont exécutés. Le village gardera d'ailleurs jusqu'au XVIIIe siècle le nom d'Azay-le-Brûlé.

Le domaine est acquis à la fin du XVe siècle par Martin Berthelot, maître de la chambre aux deniers du roi, qui le cède à son fils Gilles.

Le château actuel fut donc bâti entre 1518 et 1523 par le maire de Tours et trésorier du roi François Ier, Gilles Berthelot et par sa femme, Philippa Lesbahy. Il s'agit d'un des chefs-d'œuvre de la première Renaissance française.

Lorsqu'en 1527, le cousin de Gilles Berthelot, Jacques de Beaune-Semblançay, est exécuté, le couple décide de vider les lieux et de se rendre à Metz. Gilles Berthelot décèdera en 1529 à Cambrai.

En juin 1523, le roi confisque le château inachevé. Bien que Philippa Lesbahy insiste pour garder son château, elle le perdra définitivement en 1535 lorsque le roi l'offre à l'un de ses compagnons d'armes, Antoine Raffin, capitaine des gardes, qui l'a accompagné à Pavie.

Le château ne sera en réalité occupé qu'à partir de 1547.

La petite-fille d'Antoine Raffin, Antoinette, ancienne dame d'honneur de Marguerite de Valois, s'y installe en 1583 et entreprend d'actualiser les décors de l'édifice avec l'aide de son époux, Guy de Saint-Gelais.

Son fils Arthus en hérite avec sa femme Françoise de Souvré qui sera la gouvernante du futur Louis XIV. Louis XIII sera reçu par la suite au château.

Les Raffin puis leurs alliés en 1751, les Vassé, en seront propriétaires jusqu'à la Révolution.


Les Biencourt ou « la vie de château » au XIXe siècle.

En 1791, le château « abandonné et très dégradé » est vendu par Henry de Courtemanche au marquis Charles de Biencourt, maréchal des camps et armées royales, député de la noblesse aux États Généraux de 1789, puis de la Constituante, dont les descendants le conserveront un siècle.

Celui-ci lui donne son aspect actuel en procédant à de profonds changements intérieurs et extérieurs.

En 1824, Charles de Biencourt fait ajouter au rez-de-chaussée sud du château un « pavillon chinois » - détruit vers 1860 ? - et vers 1825-1826 la bibliothèque, qui, comme le salon situé à l'opposé, est décorée de lambris bas de style surmontés d'une toile peinte à grands motifs végétaux (conservée).

Son fils Armand-François-Marie entreprend ensuite la première grande restauration de l'édifice : rétablissement des voûtes et des lucarnes, restitution des médaillons et insignes royaux de l'escalier - bûchés sous la Révolution ? - construction d'une nouvelle tour de style Renaissance « remplaçant le vieux donjon », par l'architecte Dusillon.

Il fait aussi élargir le terre-plein dominant la rivière au Sud, créant ainsi une grande terrasse desservie depuis le salon par un perron, qui furent supprimés lors de la restauration du XXe siècle.

Dès 1840, le château est inscrit sur la liste des Monuments Historiques, mais en 1845, les derniers vestiges médiévaux sont démolis pour laisser place à deux nouvelles tours d'angle sur cour.

En 1870, il sert de logement au prince Frédéric Charles de Prusse, neveu du roi de Prusse, qui occupera aussi pendant six semaines avec ses soldats le village de Saint-Patrice (Indre-et-Loire) et le château de Rochecotte.

 

samedi 28 août 2010, a 14:12
Azay-le-rideau - Un joyaux sur la Loire *** 2ème partie ***
 

 

Le château d'Azay-le-Rideau est un monument classé appartenant à l'État et situé dans la commune du même nom, en Indre-et-Loire, en France.

On peut y accéder par la ligne TER Tours - Chinon qui marque systématiquement l'arrêt dans la commune.

Le château fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 11 août 1905

Histoire

Le premier château médiéval d'Azay fut construit aux alentours de 1119 par l'un des premiers seigneurs du lieu, Ridel (ou Rideau) d'Azay, chevalier de Philippe Auguste, qui édifia une forteresse défensive censée protéger la route entre Tours et Chinon.

Mais il fut brûlé par Charles VII en 1418 lorsque le roi, de séjour à Azay sur la route de Chinon, est provoqué par les troupes bourguignonnes qui occupent la place forte. Le capitaine et 350 soldats sont exécutés. Le village gardera d'ailleurs jusqu'au XVIIIe siècle le nom d'Azay-le-Brûlé.

Le domaine est acquis à la fin du XVe siècle par Martin Berthelot, maître de la chambre aux deniers du roi, qui le cède à son fils Gilles.

Le château actuel fut donc bâti entre 1518 et 1523 par le maire de Tours et trésorier du roi François Ier, Gilles Berthelot et par sa femme, Philippa Lesbahy. Il s'agit d'un des chefs-d'œuvre de la première Renaissance française.

Lorsqu'en 1527, le cousin de Gilles Berthelot, Jacques de Beaune-Semblançay, est exécuté, le couple décide de vider les lieux et de se rendre à Metz. Gilles Berthelot décèdera en 1529 à Cambrai.

En juin 1523, le roi confisque le château inachevé. Bien que Philippa Lesbahy insiste pour garder son château, elle le perdra définitivement en 1535 lorsque le roi l'offre à l'un de ses compagnons d'armes, Antoine Raffin, capitaine des gardes, qui l'a accompagné à Pavie.

Le château ne sera en réalité occupé qu'à partir de 1547.

La petite-fille d'Antoine Raffin, Antoinette, ancienne dame d'honneur de Marguerite de Valois, s'y installe en 1583 et entreprend d'actualiser les décors de l'édifice avec l'aide de son époux, Guy de Saint-Gelais.

Son fils Arthus en hérite avec sa femme Françoise de Souvré qui sera la gouvernante du futur Louis XIV. Louis XIII sera reçu par la suite au château.

Les Raffin puis leurs alliés en 1751, les Vassé, en seront propriétaires jusqu'à la Révolution.


Les Biencourt ou « la vie de château » au XIXe siècle.

En 1791, le château « abandonné et très dégradé » est vendu par Henry de Courtemanche au marquis Charles de Biencourt, maréchal des camps et armées royales, député de la noblesse aux États Généraux de 1789, puis de la Constituante, dont les descendants le conserveront un siècle.

Celui-ci lui donne son aspect actuel en procédant à de profonds changements intérieurs et extérieurs.

En 1824, Charles de Biencourt fait ajouter au rez-de-chaussée sud du château un « pavillon chinois » - détruit vers 1860 ? - et vers 1825-1826 la bibliothèque, qui, comme le salon situé à l'opposé, est décorée de lambris bas de style surmontés d'une toile peinte à grands motifs végétaux (conservée).

Son fils Armand-François-Marie entreprend ensuite la première grande restauration de l'édifice : rétablissement des voûtes et des lucarnes, restitution des médaillons et insignes royaux de l'escalier - bûchés sous la Révolution ? - construction d'une nouvelle tour de style Renaissance « remplaçant le vieux donjon », par l'architecte Dusillon.

Il fait aussi élargir le terre-plein dominant la rivière au Sud, créant ainsi une grande terrasse desservie depuis le salon par un perron, qui furent supprimés lors de la restauration du XXe siècle.

Dès 1840, le château est inscrit sur la liste des Monuments Historiques, mais en 1845, les derniers vestiges médiévaux sont démolis pour laisser place à deux nouvelles tours d'angle sur cour.

En 1870, il sert de logement au prince Frédéric Charles de Prusse, neveu du roi de Prusse, qui occupera aussi pendant six semaines avec ses soldats le village de Saint-Patrice (Indre-et-Loire) et le château de Rochecotte.

 

mercredi 04 août 2010, a 11:57
Azay-le-rideau - Un joyaux sur la Loire *** 3ème partie ***
 

 

Un gentilhomme-collectionneur.

« M.le marquis de Biencourt entretient avec beaucoup de soin son château (...) on y visite surtout avec intérêt une collection de portraits historiques attribuée aux meilleurs maîtres ». (G. Touchard-Lafosse, La Touraine historique, pittoresque et biographique, Tours, Lescene, 1856, p.289).

Cette série unique de 300 œuvres selon l'inventaire après décès du marquis (1854) fait du château l'un des plus beaux musées de France de l'époque, ouvert aux visiteurs.

En 1898, des revers de fortune causés entre autres par le krach boursier de l'Union Générale (1882) l'empêchant d'assurer l'entretien du domaine, Charles-Marie-Christian, 4ème du nom et propriétaire depuis 1862, veuf jeune et sans héritiers directs, est contraint de vendre le château, son mobilier et 540 hectares de terres, acquis pour 517 000 francs par l'homme d'affaires Achille Arteau, ancien avocat de Tours, qui veut démembrer l'ensemble avec profit.

Le moblier, oeuvres et objets d'art sont alors dispersés en plusieurs ventes, mais certains éléments de la collection de portraits de maîtres purent être achetés par la famille, et en 1939 la vicomtesse de Montaigne de Poncins, arrière-petite-fille du marquis, put offrir au « musée Condé » de Chantilly 52 portraits dessinés par les Clouet, Corneille de Lyon, Holbein, Memling, Pourbus, Cranach, Rubens, Stella... don qui fut effectif le 8 septembre 1946. (Henri Malo, Une journée à Chantilly, guide illustré, Braun, 1946, pp.14 et 15).

La demeure resta vide jusqu'à son achat par l'État le 11 août 1905 pour 250 000 francs grâce à un legs de Léon Dru, et est aussitôt classée Monument Historique. Depuis 1907, il fait l'objet de profondes restaurations.

Le château d'Azay est aujourd'hui géré par le Centre des Monuments nationaux.

Extérieur

Décrit par Balzac qui vint y déjeuner une fois, comme « un diamant taillé à facettes serti par l'Indre », Azay-le-Rideau est l'un des châteaux les plus célèbres de la Loire. Relativement petit, le corps de logis s'articule en un corps principal et une aile en équerre, quadrillés de bandeaux horizontaux, entourés par l'Indre et par un parc boisé. Chaque angle est pourvu d'une tourelle. Le centre du bâtiment est désigné par l'entrée monumentale, ainsi que par l'escalier d'honneur à rampes droites qui dérègle le rythme des fenêtres : il dispose en effet de trois étages de baies jumelées formant des loggias et un fronton ouvragé, décalés par rapport au réseau des fenêtres du reste de l'édifice. Cet élément à grande valeur décorative est composé de plusieurs ornements à la mode italienne : colonnes, pilastres, coquilles, médaillons, etc.

La porte d'entrée, semblable aux arcs de triomphes romains est orné des initiales de Gilles Berthelot et de sa femme, tandis que la partie inférieure des baies est décorées de la salamandre et de l'hermine, en référence au roi François Ier et à son épouse Claude. Le plafond de l'escalier, quant à lui, est sculpté de portraits antiques.

Mais cette inspiration italianisante alterne avec des références féodales devenues éléments de décor. Ainsi, on observe la trace d'un chemin de ronde sur les murs extérieurs ou encore des mâchicoulis sur les toits. Tout cela mêlé à de hautes toitures, ornées de poivrières effilées et de longues lucarnes.

samedi 24 juillet 2010, a 14:14
Sully sur Loire - L'illustre *** 1ère partie ***
 

 

Le château de Sully-sur-Loire est un château français situé au bord de la Loire, dans la commune de Sully-sur-Loire, le département du Loiret et la région Centre.

Le château est situé dans le centre de Sully-sur-Loire, sur la rive gauche de la Loire, à proximité du pont, à l'angle du chemin de la Salle verte, de l'avenue de Béthune et de la promenade des douves. L'eau qui l'entoure est issue de l'étang de Marcon.

Le château est mentionné dès 1102, il contrôlait un pont sur la Loire qui disparut dès le XIVe siècle. Il n'a appartenu au cours des siècles qu'à trois familles : les premiers seigneurs de Sully, la famille de la Trémouille, et la famille de Béthune[1].

En 1218, Philippe Auguste fit bâtir une tour maîtresse.

En 1396, Guy de la Trémouille lance la construction du château actuel, Raymond du Temple (architecte du roi et du duc d'Orléans) en dresse les plans.

En 1524, un bâtiment est ajouté au sud-est de l'édifice.

Il est acquis en 1602 par Maximilien de Béthune, le grand Sully, premier duc du nom. Entre 1602 et 1607, ce dernier transforme le château à son usage, édifiant également un parc.

 

mardi 29 juin 2010, a 18:22
Sully sur Loire - L'illustre *** 2ème partie ***
 

 

Le jeune Louis XIV se réfugie au château en mars 1652 lors de la Fronde des princes.

En 1715, le château accueille Voltaire qui fuyait Paris.

Au milieu du XVIIIe siècle, un bâtiment est construit au nord du corps d'entrée.

Le château subit un incendie en 1918 et les bombardements de juin 1940 et d'août 1944 durant la Seconde Guerre mondiale.

Le château est resté dans la famille du 1er duc de Sully jusqu'en 1962, année à laquelle le conseil général du Loiret l'acquiert et le restaure.

Le château est entouré de douves encore en eau et comprend deux parties distinctes : le donjon et le petit château. Il est bâti au confluent de la Loire et de la Sange.

Le donjon, bâtiment rectangulaire cantonné de quatre tours circulaires, et doté d'une porte à deux tours vers le sud, correspond à la campagne de Guy de la Trémoille. L'intérieur a été profondément réaménagé par Maximilien de Béthune. À noter au premier étage, la grande salle avec ses portes en bois du XVIIe siècle, la peinture du château de Rosny-sur-Seine sur le manteau de la cheminée, enfin la porte de fer donnant accès au « cabinet » de Sully. La charpente sous comble est un remarquable ouvrage du XIVe siècle en berceau brisé. Le donjon de Sully offre un cas remarquable de logis à tours circulaires de la fin du XIVe siècle ; entièrement consacré à l'apparat, il est doublé par un logis privé de même structure interne, mais bien plus intime, donnant la mesure de la dichotomie entre le public et le privé dans les grandes cours princières

 

samedi 12 juin 2010, a 23:11
Sully sur Loire - L'illustre *** 3ème partie ***
 

 

Le petit château ferme la cour au sud du donjon. Il comprend un logis et deux tours, dont une celle du sud-est, a été construite au milieu du XVe siècle sur une tour plus ancienne, alors que l'autre, dite « tour de Béthune », plus basse et terrassée, est une « une tour à canon » édifiée en 1605. Le logis, construit dans la première moitié du XVe siècle, fut à partir du XVIe siècle, la résidence habituelle des seigneurs de Sully. Les intérieurs ont été réaménagés (décor et mobilier) à la fin du XIXe siècle. Le corps qui joint le petit château au donjon a été rajouté au XVIIIe siècle, et refait après l'incendie de 1918.

La basse-cour, à l'est, aujourd'hui nue, contenait autrefois le donjon bâti par Philippe Auguste peu avant 1219, à l'occasion d'une confiscation de la seigneurie, ainsi que l'église-collégiale Saint-Ythier, transférée par M. de Béthune à l'intérieur de la ville.

Du parc, il reste aujourd'hui la vaste surface, entourée par les canaux que M. de Béthune fit aménager pour mettre le site à l'abri des crues de la Loire.

Le château est classé en 1928 aux Monuments historiques[2] et est ouvert au public à partir de 1933. Il délimite la partie est de la vallée de la Loire, classée au patrimoine mondial par l'UNESCO en 2000.

 

Présentation
*** France ****
Mon cher pays, es-tu le plus beau du monde ? Peut être, peut être pas... Quoi qu'il en soit, tu possèdes des trésors architecturaux, dispersés aux quatre coins de ton hexagone. Châteaux, Forts, Manoirs, Bastides, Monastères, Abbayes sont autant de Pierres solidement encrées dans notre mémoire collective.
Quel est donc le plus beau château, et par conséquent, le plus beau Bâtiment national ?

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Le Château de Brissac - Fierté d'Anjou ***3ème partie*** pititejo (23/07/2010 20:43)

Absolument magnifiqu...

Amboise, Demeure Royale 411 Canada (10/07/2010 00:51)

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Sully sur Loire - L'illustre *** 2ème partie *** 411 Canada (10/07/2010 00:48)

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